15/02/2015

La défiscalisation des allocations familiales: un atout concret pour les familles!

L’initiative du PDC soumise au vote le 8 mars prochain vise à augmenter concrètement les ressources des ménages avec enfants, en retirant les allocations familiales du revenu imposable. Le système actuel est en effet absurde, l’Etat reprenant en partie des montants prévus comme une aide ciblée pour les familles. Or il est clair que les allocations ne couvrent que très partiellement les frais engendrés par les enfants (on compte en moyenne 1'000.- de dépenses pour un enfant, 1'600.- pour deux !). Le système actuel est également injuste, car il crée des effets de seuils qui désavantagent certains ménages. Avec le « revenu » des allocations reçues, certaines familles sont exclues des aides au logement, au subside d’assurance-maladie ou aux bourses d’études.

L’initiative avantage ainsi toutes les familles et pas uniquement les plus aisées, comme certains partis tentent de le faire croire. Par exemple : un couple d’Orbe gagnant 6'000.- par mois avec deux enfants à charge pourra ainsi économiser environ 1'200.- francs par an, à quoi s’ajoutent quelques 400.- d’augmentation du subside LAMal ! Cet argent pourra être investi dans les besoins de première nécessité, les vacances ou les loisirs – bref, dans le bien être de l’enfant.

En augmentant le pouvoir d’achat des ménages, cette initiative rendra aussi un grand service à notre économie – surtout dans le contexte du franc fort qui ralentit la demande étrangère. Les quelques 960 millions de francs concernés par cette défiscalisation retourneront d’une manière ou d’une autre dans les caisses de l’Etat, par l’augmentation de la consommation (et donc de la TVA) ou du bénéfice des entreprises.

Cette initiative rend donc service à toutes les familles, en particulier celles de la classe moyenne, sans mette en péril notre économie – au contraire. C’est le geste que tous les parents attendaient depuis longtemps !

Texte paru dans L'Omnibus du vendredi 13 février

08/02/2015

Un an après le 9 février ou la parabole du franc fort

Une année exactement après le 9 février, une vérité toute simple s’impose : la Suisse ne peut pas vivre sans l’Europe. L’ampleur des débats internes qui ont eu lieu depuis douze mois le démontre. Un autre bon exemple a été livré par la BNS le 15 janvier dernier. L’annonce de la fin du taux plancher a déclenché une vague de panique dans tout le pays, entre autres parmi les conservateurs bon teint et autres capitaines d’industrie plus que tièdes à l’égard de l’UE. Or, ces derniers s’étaient-ils rendus compte que le taux plancher équivalait à un calquage de notre politique monétaire sur celle de l’Europe ? En d’autres termes, sur cette « adhésion déguisée » qu’ils honnissent en toute occasion ?

Au fond, ils devraient se réjouir de la situation nouvelle de notre monnaie. « Le franc est fort ? Ainsi est la Suisse ! » Mais la réalité est évidemment plus compliquée. On le sait : un franc sur deux est gagné à l’étranger, notamment dans l’UE – cette économie soi-disant sinistrée. Le marché intérieur ne suffira jamais à notre croissance et à nos besoins, sauf à revenir dans les chalets et à se contenter de porc et de choux… Dans de nombreux domaines, nous avons tout simplement choisi d’appliquer des standards européens parce que c’était dans notre intérêt de le faire. Ainsi en était-il du taux plancher, aligné très exactement sur l’Euro.

Ce qui s’est passé le 15 janvier dernier montre le vertige qui nous saisit lorsqu’un écart trop important avec nos voisins se crée. Aujourd’hui, les conséquences réelles du 9 février sont encore théoriques – sauf pour les milieux académiques qui ont déjà subi le contrecoup de plein fouet. Mais lorsque les contingents seront là et que l’économie devra vivre la fin de la libre circulation des personnes, parions que les réactions seront les mêmes que ce 15 janvier : la stupeur et la crainte, et les appels désespérés à faire machine arrière.

Contrairement à ce qu’essaie de nous faire croire l’UDC, la Suisse n’est pas faite pour être « indépendante ». Elle est « dépendante »* de la meilleure des façons, c’est-à-dire qu’elle partage ses forces avec ses voisins et qu’elle profite des atouts de ces derniers. Pourvu que la mise en œuvre de l’initiative sur « l’immigration de masse » ne mette pas en péril ce précieux positionnement.

* sur ce point je m’inspire de l’excellent ouvrage de Joëlle Kuntz, « La Suisse ou le génie de la dépendance », éd. Zoé, 2013

25/12/2014

Noël: donnons-nous la chance de vivre nos traditions

L'interdiction des crèches dans les mairies en France a suscité une réaction populaire bien compréhensible. En cette période de Noël, les gens sont attachés aux traditions, et celle de la Nativité est l'une des plus importantes d'entre elles. Si le père Noël et le sapin décoré, legs de fêtes païennes et de la publicité, jouent un rôle prépondérant en cette période, les Occidentaux et les personnes de tradition chrétienne n'ont jamais oublié de se référer au récit de la naissance de Jésus, l'étable et ses animaux, l'étoile du berger, les rois mages, etc. Pour nous, en Suisse également, Noël est une tradition qui dépasse de loin la Foi chrétienne au sens étroit. On peut ressentir une émotion dans ce récit même si l'on considère qu'il relève plus de la mythologie que d'une vérité religieuse. Cette histoire qui traverse les âges nous fait appartenir à une communauté culturelle riche et profonde.

Dans ce contexte, la décision des autorités française a été ressentie comme une offense par beaucoup. A mon sens, elle relève d'une conception erronée de la laïcité: celle-ci a pour objectif de séparer l'Eglise de l'Etat au sens de l'exercice du pouvoir et du partage des richesses (qui doivent relever entièrement du second) et non au sens culturel. Nous sommes issus d'une tradition hellenico-judéo-chrétienne, et ce n'est pas le rôle de nos gouvernants de supprimer ce lien millénaire. D'autant plus que ceux que l'on voudrait éventuellement "protéger" par ces démarches, soit les personnes issues d'autres aires culturelles et religieuses, sont pour la plupart acquises au respect de ces traditions. Tout comme nous ne nous offusquerions pas du respect du Ramadan si nous habitions dans un pays arabe, ou de toute autre pratique religieuse qui respecte les droits humains et ne crée pas de tort à celui qui n'y participe pas.

Le problème est que ces démarches d'"autocensure" font finalement ressentir à certains de nos concitoyens qu'ils ne peuvent plus vivre et être fiers de leur propre tradition dans leur propre pays. Ce sentiment diffus, couplé parfois à une forme de tolérance perçue comme excessive à l'égard d'autres traditions (p.ex. les prières musulmanes publiques de la rue Barbès à Paris), crée un malaise qui a pu s'exprimer chez nous lors du votre contre les minarets. Se rendre compte de ce problème et y apporter des réponses adaptées, comme donner la place qu'elles méritent à nos propres traditions et ne pas les brimer sous prétexte d'une laïcité stérilisante, est une réaction qui devrait être au cœur de tous les démocrates.

Sur ce je vous souhaite, chers lecteurs, un très beau Noël et une excellente année 2015 à venir!