01/02/2016

Pourquoi un rééquilibrage politique est nécessaire à Lausanne

Le 28 février prochain, puis le 20 mars (2e tour pour les Municipalités), les citoyens vaudois seront appelés à élire leurs autorités communales pour la nouvelle législature (2016-2021). A Lausanne, ces élections revêtent une importance particulière, au vu de l’imposante domination de la gauche sur la capitale. Le temps est venu d’un rééquilibrage, si ce n’est d’un tournant dans la destinée politique de la Ville.

Le déséquilibre est en effet criant, au Conseil communal (62 élus de gauche sur 100) mais surtout à la Municipalité, avec 6 élus sur 7. Ce rapport de force n’est cependant pas en relation avec l’état des forces véritable en ville de Lausanne. Certes, la capitale rassemble plus de votants susceptibles de voter à gauche que, disons, Pully. Le niveau socio-économique moyen, le taux d’étrangers, le nombre de personnes à la charge du social sont beaucoup plus élevés que dans la plupart des autres communes vaudoises. La capacité de mobilisation de cet électorat est spectaculaire et permet à la gauche de convertir en suffrages son potentiel électoral – et c’est tant mieux pour elle. Mais cela ne veut pas dire qu’un électorat plus centriste ou libéral n’existe pas en ville et n’a pas droit à une juste représentation. Il lui revient certes de mieux savoir se mobiliser !

Ce qui est inquiétant ici, c’est la propension de la Municipalité à reproduire ce schéma autoporteur qui lui convient si bien. Le développement de politiques sociales ambitieuses (et donc coûteuses) génère une attractivité pour le public visé, lequel a une capacité contributive limitée ou nulle, donc ne participe pas au financement des mesures mais les vote allègrement. C’est le cercle vicieux. Est-il nécessaire de rappeler que la Ville a une dette de plus de 2 milliards de francs ( !) et a réussi tout juste à présenter un budget équilibré en 2016 alors que tous les indicateurs sont au beau fixe? C’est une première raison d’appeler au rééquilibrage politique : une politique menée trop à gauche a des effets pervers qu’il faut contrebalancer, pour le bien-être même de la Ville. Malgré leurs efforts de recentrage, comme on va le voir ci-dessous, c’est la tentation à laquelle seront toujours ramenées des autorités communales dominées par les socialistes.

L’autre raison, c’est justement que la gauche elle-même commence à penser et à gouverner comme la droite. Ou, pour dire les choses comme elles sont, qu’elle se tire de ses errements en empruntant des recettes forgées chez ses opposants. C’est le cas, par exemple, des finances publiques que nous venons de voir : la Municipale socialiste en charge des Finances a commencé à resserrer quelques boulons, et l’exécutif semble en recherche de « bons contribuables » à installer dans des immeubles cossus, avec vue et bien situés. C’est aussi le cas en matière de sécurité. Le Municipal socialiste en charge de la police tient un discours qui ressemble fort à celui des partis du centre et de la droite, avec force interventions d’agents en uniformes. C’est que même les bobos lausannois semblent avoir saisi que la ville n’est plus un havre de paix. On peut bien sûr se réjouir de cette évolution, se dire que la gauche a fait sa révolution et qu’elle offre le parfait produit « deux en un » : une gestion rigoureuse et pragmatique teintée de progressisme et d’orientation sociale. On peut aussi admettre que cette évolution positive tient compte de la pression mise depuis plusieurs années par les partis du centre et de la droite. Et donc qu’elle ne se poursuivra pas jusqu’au point de juste équilibre sans une meilleure représentation de ces mêmes partis.

Ce double constat (cercle vicieux d’une politique unidirectionnelle de gauche et recentrage en forme d’aveu par la Municipalité) a évidemment frappé les militants de gauche eux-mêmes. Combien en ai-je entendu qui souhaitaient – sous couvert d’anonymat bien sûr – un juste rééquilibrage à l’exécutif ? Ne serait-ce que pour alléger la pression sur les épaules de leurs partis, d’ailleurs. Bien sûr, il n’est pas (encore) question d’un renversement de majorité, que ce soit au Conseil communal ou à la Municipalité. Mais le basculement d’un deuxième siège de l’exécutif au centre ou à la droite (passage d’un 6-1 à un 5-2) semble être un scénario crédible. De toute évidence, c’est à l’extrême gauche (POP) de laisser sa place : sa politique est plus que dépassée si tant est qu’elle n’ait jamais été actuelle, son élu n’a pas été à la hauteur durant cette législature, et le candidat qu’elle propose ne convainc pas – malgré le respect personnel qu’il m’inspire. Il serait donc juste que ce siège passe de l’autre côté de l’hémicycle.

Dans ce cas, qui pour le prendre ? Je plaiderai ici clairement la cause du Centre, liste composée par le PDC et les Vert’libéraux. Emmenée par les candidats Manuel Donzé et Jean-Christophe Birchler, elle devrait faire son entrée au Conseil communal – son retour, pour les PDC ! – et, pourquoi pas, brouiller les cartes à la Municipalité. Un siège « naturel » au PLR et un siège pour la force montante qu’est le Centre, ne serait-ce pas dans l’ordre des choses à Lausanne ?

Pour que ce rééquilibrage s’accomplisse, une obligation : que toutes les électeurs lausannois qui partagent cette ambition se mobilisent les 28 février et 20 mars prochain !

Ps : l’auteur de ces lignes est candidat sur la liste du Centre au Conseil communal

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