25/12/2014

Noël: donnons-nous la chance de vivre nos traditions

L'interdiction des crèches dans les mairies en France a suscité une réaction populaire bien compréhensible. En cette période de Noël, les gens sont attachés aux traditions, et celle de la Nativité est l'une des plus importantes d'entre elles. Si le père Noël et le sapin décoré, legs de fêtes païennes et de la publicité, jouent un rôle prépondérant en cette période, les Occidentaux et les personnes de tradition chrétienne n'ont jamais oublié de se référer au récit de la naissance de Jésus, l'étable et ses animaux, l'étoile du berger, les rois mages, etc. Pour nous, en Suisse également, Noël est une tradition qui dépasse de loin la Foi chrétienne au sens étroit. On peut ressentir une émotion dans ce récit même si l'on considère qu'il relève plus de la mythologie que d'une vérité religieuse. Cette histoire qui traverse les âges nous fait appartenir à une communauté culturelle riche et profonde.

Dans ce contexte, la décision des autorités française a été ressentie comme une offense par beaucoup. A mon sens, elle relève d'une conception erronée de la laïcité: celle-ci a pour objectif de séparer l'Eglise de l'Etat au sens de l'exercice du pouvoir et du partage des richesses (qui doivent relever entièrement du second) et non au sens culturel. Nous sommes issus d'une tradition hellenico-judéo-chrétienne, et ce n'est pas le rôle de nos gouvernants de supprimer ce lien millénaire. D'autant plus que ceux que l'on voudrait éventuellement "protéger" par ces démarches, soit les personnes issues d'autres aires culturelles et religieuses, sont pour la plupart acquises au respect de ces traditions. Tout comme nous ne nous offusquerions pas du respect du Ramadan si nous habitions dans un pays arabe, ou de toute autre pratique religieuse qui respecte les droits humains et ne crée pas de tort à celui qui n'y participe pas.

Le problème est que ces démarches d'"autocensure" font finalement ressentir à certains de nos concitoyens qu'ils ne peuvent plus vivre et être fiers de leur propre tradition dans leur propre pays. Ce sentiment diffus, couplé parfois à une forme de tolérance perçue comme excessive à l'égard d'autres traditions (p.ex. les prières musulmanes publiques de la rue Barbès à Paris), crée un malaise qui a pu s'exprimer chez nous lors du votre contre les minarets. Se rendre compte de ce problème et y apporter des réponses adaptées, comme donner la place qu'elles méritent à nos propres traditions et ne pas les brimer sous prétexte d'une laïcité stérilisante, est une réaction qui devrait être au cœur de tous les démocrates.

Sur ce je vous souhaite, chers lecteurs, un très beau Noël et une excellente année 2015 à venir!

 

Commentaires

Il y a nos traditions, certes, mais sans ce qui les inspira, les traditions ne sonnent-elles pas un peu vides?

Aujourd'hui ne pas avoir la foi va de soi. Suspects? les croyants.

Suspects ou parole de nouveau Bon Samaritain: "Personnes à laisser avec leur "problème"!

Nos grands-parents ceux qui n'avaient pas la foi se demandaient non seulement pourquoi mais avec une "vague crainte" qui montant leur étreignait le cœur.

Quelqu'un qui n'avait pas la foi croyait que personne ne l'aimait. Cette personne souffrait énormément jusqu'au jour où elle se demanda si "elle" elle aimait les autres et comment?

Elle alla rapidement mieux et devint croyante.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 25/12/2014

P.S. Vivre nos traditions, soit, mais ce n'est pas en rapport net avec les évangiles qui fracturent les traditions en mettant en avant le langage (avec pensée et action) du cœur. Il n'est pas inutile de redire ici qu'interdits par l'église romaine les prêtres ouvriers et les théologiens de la Libération en leurs démarches se fondaient et se réclamaient des évangiles.

C'est imprégnés de cette culture évangélique parce qu'imprégnés par cette culture qu'en entendant le Premier ministre Valls annoncer que les années à venir seront dures, on demande: dures ces années à venir, dures pour qui? Pour Monsieur Valls et ses amis?! ou comme allant de soi "dures" pour toujours les mêmes?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 31/12/2014

P.S. n aucun cas je n'accepterai 'adhérer au terrorisme. . Giscard d'Estaing, Démocratie française, estimait que chaque être qui vient au monde devrait se voir assurer, un droit, non une charité, une aumône, une rente allant de sa naissance jusqu'à sa mort assurant l'essentiel.
Il est évident que du côté de tous une régulation des naissances s'imposerait.

Rien lu de mieux jusqu'à présent.

Le respect de la personne, d'abord.
Avant tout.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 31/12/2014

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