17/09/2014

Pour les Ecossais, l’Union européenne est attirante !

Ce jeudi, les Ecossais choisiront leur destin – poursuivre leur chemin au sein du Royaume-Uni ou choisir la voie de l’indépendance. Cette décision, d’une importance considérable, dit beaucoup de la dynamique actuelle au sein de l’Union européenne et de l’attraction qu’elle continue d’exercer.

De fait, la perspective d’indépendance de l’Ecosse n’est possible que parce qu’elle se réaliserait sous le « parapluie » de la communauté. Cette dernière garantirait d’une part l’accès au marché commun, gage de prospérité pour une région qui vit en grande partie de l’exportation de ses ressources, et d’autre part l’adoption de la monnaie commune, l’euro. Les souverainistes sont très clairs sur ce point : l’avenir de leur nouvel Etat ne peut se concevoir que dans le cadre protecteur et démultiplicateur de l’UE. La même réflexion vaut d’ailleurs concernant l’OTAN, auquel le nouveau pays s’empresserait d’adhérer afin de recevoir une protection militaire. Seule, il serait très difficile et très coûteux pour l’Ecosse de se bâtir les pleins attributs des nations classiques : armée, monnaie, protection économique, etc.

Deux conclusions peuvent être tirées de ce constat. La première, c’est que la confiance dans le rôle et la pérennité de l’Union européenne reste solide. Les Ecossais ne songeraient même pas à ce grand vertige de l’indépendance s’ils n’étaient pas convaincus que l’Europe est un fait irréversible, suffisamment pérenne pour les protéger sur le long-terme. En ce sens, la mission originelle de la construction européenne qui était d’établir un espace de paix et de prospérité sur le continent semble être confirmée par cette tendance des « nationalisme régionaux » : si l’Europe était encore soumise aux conflits armés et aux régimes économiques protectionnistes, seuls les fanatiques envisageraient sérieusement l’indépendance pour leurs régions. En ce sens, dans la vague eurosceptique qui déferle sur l’Union, ces scrutins sont un témoignage indirect mais puissant de l’attachement à l’édifice européen !

La deuxième conclusion, c’est précisément que l’Etat-nation change de nature au sein de l’Union. L’affaiblissement de ses missions régaliennes (défense, affaires étrangères) et le transfert de nombreuses compétences à l’UE a dénoué certains liens fondamentaux (par exemple la nécessité de faire bloc face aux menaces externes) et permets ainsi aux régions qui le composent de s’affirmer sur le plan culturel ou économique. Ces éléments devenant des marqueurs forts au sein des Etats européens, les régions dont le sentiment identitaire et la santé économique sont affirmés peuvent croire que leur heure est venue.

Les pays européens sont évidemment conscients de ces risques. La Catalogne, la Flandre et la Padanie, mais aussi le pays basque ou la Corse sont des régions qui pourraient suivre l’exemple écossais. Inquiets, les Etats menacés par ces défections font pression sur Bruxelles pour que celle-ci indique aux souverainistes que leur adhésion en tant que pays indépendant est loin d’être acquise. Manière précisément de déjouer l’argument du « parapluie protecteur » et de menacer les régions trop audacieuses qu'elles tomberont dans la froide et dure réalité internationale…

Ces velléités d’indépendance dénotent-elles une avancée vers l’Europe « des régions » ? Dans un certain sens, oui. Pour contrer les menaces, les Etats européens sont plus que jamais ouverts à des transferts de compétences vers l’échelon inférieur. Sur le plan économique ou culturel, les régions devraient donc à l’avenir mieux se faire entendre – du moins celles qui performent. On peut imaginer à moyen terme que certains organes comme le comité des régions prennent du poids face au triptyque Conseil européen/commission/parlement. Cependant, il est peu probable que les Etats classiques s’effacent pour autant, ces derniers gardant la main sur la « haute politique ». On devrait donc assister davantage à l’émergence d’un nouvel acteur européen qu’à la disparition des Etats classiques.

 

Commentaires

On associe l'UE à un gros machin.
La science nous a appris récemment, avec les analyses génétiques, que si on prend 2 européens au hasard,le nombre d'ancêtre commun dans les dernières 2500 années était environ de 100 !
Nous sommes d'une certaine manière tous cousins, et parler de la famille européenne a un sens.
Si l'UE est mal construite, pour autant le peuple européen n'est pas une chimère, et il doit s'unir pour faire face aux ambitieux pays émergent et au USA.
Je souhaite une Ecosse indépendante réunis avec l'Angleterre dans le projet européens, où l'Europe serait le ciment des nations.

Écrit par : roket | 18/09/2014

Les commentaires sont fermés.