29/04/2014

Trois leçons de l'Ukraine

La crise ukrainienne a pris une nouvelle ampleur avec l’intervention des autorités de Kiev contre les rebelles pro-russes dans l’Est du pays. La Russie gronde derrière la frontière et l’Occident hausse le ton en retour. Le fragile accord signé il y a deux semaines à Genève semble avoir volé en éclat. Bien malin celui qui pourra prédire comment va évoluer la situation ces prochains jours et ces prochaines semaines. Cependant, si l’on tente d’observer la scène à tête reposée, on peut proposer d’ores et déjà trois analyses de la situation actuelle.

En premier lieu, cette crise marque le retour d’une politique de puissance plus classique de la part des grands Etats de la planète. Contrairement à ce qui est annoncé ça et là, ce ne sont pas la guerre froide ni les années 30 qui refont surface – même si certains éléments y font légitimement penser – mais bien le « concert des nations » du 19e siècle, qui régenta le monde entre le congrès de Vienne de 1815 et la 1ère Guerre mondiale. Il s’agit d’un ordre international fondé sur des alliances et des affrontements dictés par les intérêts propres des Etats. Le multilatéralisme « moderne » fondé autour d’institutions permanentes comme l’ONU n’y trouve plus sa place. La grande différence avec le 19e siècle est bien entendu la présence de grandes nations du monde entier, et non seulement européennes, autour de la table. Dans la crise ukrainienne, la Chine devrait en particulier jouer un rôle d’arbitre : celui qui entre l’Occident et la Russie aura son soutien gagnera une manche décisive. A l’inverse, le rôle des Nations-Unies apparaît réduit à néant. Le droit de veto de la Russie y contribue évidemment pour beaucoup.

Le deuxième enseignement, c’est une nouvelle fois l’inexistence de l’Union européenne dans la crise. Si Paris, Londres et Berlin jouent les seconds rôles dans l’affaire, Bruxelles semble avoir complètement disparu du jeu. La crise de l’euro, le déficit d’image de l’institution, la désunion de ses membres et sa structure trop complexe (qui est donc responsable de ce dossier?) prétéritent gravement sa capacité d’action. La situation est d’autant plus absurde et décevante que l’UE a joué un rôle important dans le déclenchement de la crise, en provoquant pour le meilleur et pour le pire le soulèvement contre Ianoukovitch. Une nouvelle fois, l’UE est incapable d’assurer son rôle quand la situation devient trop sérieuse (l’autre fameux exemple étant la crise yougoslave des années 90). Comme l’ONU, elle se retire et laisse la place aux alliances plus classiques et plus musclées dont l’OTAN est la référence. Pour ma part j’ai fait partie il y a quelques semaines de ceux qui ont cru que l’UE pourrait s’affirmer dans cette crise et, pourquoi pas ?, proposer ainsi un nouveau visage aux Européens déçus. Hélas, l’espoir était vain.

La troisième leçon est le retour du grand débat sur les frontières de l’Europe. Cette question a suscité beaucoup de discussions au milieu des années 2000, lors de l’élargissement de l’UE à l’Est et surtout lors du lancement de la procédure d’adhésion de la Turquie. La place de la Russie en Europe restait encore une réflexion théorique, son adhésion une hypothèse à long terme, tandis que la position de l’Ukraine auprès de son « grand frère » moscovite ne souffrait aucun doute. On constate aujourd’hui que la ligne de fracture entre les deux plaques tectoniques que sont l’Europe centrale et occidentale d’un côté et le monde russe de l’autre passe en plein milieu de ce pays. Et que ces deux plaques s’éloignent de plus en plus, créant les séismes politiques que l’on sait. Si nul ne prétend que l’Europe au sens géographique s’arrête sur le Dniepr, c’est bien une certaine idée du continent, sur le plan politique et culturel, qui semble s’y arrêter. Le débat sur les frontières du continent prend ainsi une nouvelle dimension.

Commentaires

Poutine est un dirigeant d'un autre siècle. Il croit que l'armée et son opposition systématique contre l'occident peut suffire à faire de la Russie une superpuissance.
La Chine a compris, on est pas superpuissance si on a pas une forte économie.
L'économie de la Russie centrée sur le pétrole est limité.
La crise a montré aussi, que tout pays européens, de l'Est surtout, ne veut pas de la Russie, encore moins maintenant, mais cherche à s'allier à l'UE, voir l'Otan. C'est une humiliation pour la Russie qui voit son influence en Europe quasi nul.
La Russie est isolé. Pour la Chine, la Russie est un allier de circonstance et en n'aura bientôt plus besoin. La Russie, en ayant peut-être bientôt un partenaire quasi unique, qu'est la Chine, aura du mal à faire beaucoup de profit pétrolier, la Chine ne paiera jamais autant que l'Europe.

Je suis pessimiste pour la Russie à court terme.

Cependant, son successeur ne sera peut-être pas issue du système soviétique et ramènera la Russie au sein de l'Europe comme nation importante.
La Russie seule ne sera jamais plus une superpuissance et a besoin de l'Europe, comme l'Europe a besoin de la Russie pour contrebalancer les 2 superpuissance que seront les USA et la Chine dans ce 21eme siècles

Pour moi, cette crise est un reste du 20ème siècle et le chant du signe de la Russie soviétique. Poutine a bien redressé la Russie, mais ce nationalisme vieillot, décalé, va cassé l'économie russe.

Écrit par : roket | 30/04/2014

Une remarque de l'invité de la RTS 1 ce matin, de 7h30 à 8h, un directeur d'un institut parisien : tout empire a besoin d'un ennemi, et les USA ont choisi la Russie.
Soit dit en passant, cela s'applique aussi aux relations entre France et Suisse...

Écrit par : Géo | 30/04/2014

Merci de vos commentaires. @roket, votre analyse est très pertinente. Il est certain que la Russie se met dans une situation difficile, notamment sur le plan économique. Et Poutine est en effet dans une logique d'affrontement du 20e s., voire du 19e s. comme je l'ai suggéré. A long terme, il ne peut certainement pas gagner la partie. A court terme cependant, il renforce sa légitimité populaire et démontre une certaine impuissance des Occidentaux, qui n'oseront pas entrer dans un conflit armé avec lui. Ce n'est sans doute pas pour lui déplaire, à la Chine non plus d'ailleurs. Il faut espérer qu'il aura la sagesse d'accepter rapidement un compromis.
@ Géo: c'est une façon intéressantes d'analyser la situation. A tout prendre, je considérerais plutôt que c'est la Russie qui a choisi les USA et non l'inverse. Et quant à la Suisse et à la France, je comprends l'analogie mais ne suis pas sûr qu'on puisse les qualifier d'Empires...

Écrit par : Axel | 30/04/2014

"les qualifier d'Empires..." la France n'est plus un Empire, mais l'Europe à l'évidence est devenu l'Empire franco-allemand, avec les Allemands dans le rôle de cochons payant et les Français pour tout diriger et savoir s'il faut envahir la Pologne, pardon la Syrie...
Pourquoi croyez-vous que la réaction européenne a été si violente contre la Suisse après le 9 février ? Est-ce tolérable pour la France de voir un îlot en Europe où elle ne peut exercer son autorité (empire...)? Je vous rappelle que le Luxembourg, qui est en Europe, a le droit de contingenter son immigration...

"A tout prendre, je considérerais plutôt que c'est la Russie qui a choisi les USA et non l'inverse." A l'époque où elle voulait installer des fusées à tête nucléaire à Cuba, certainement. Mais aujourd'hui, on sait que les Américains ne font qu'appliquer la doctrine de Zbigniew Brezinski de domination du monde. Vous avez du en lire des extraits dans différents blogs si la question vous intéresse.
Depuis une vingtaine, les pseudo ONG américaines (mais vraies officines de la CIA) complotent en Ukraine pour déstabiliser les régimes proches de la Russie...

Écrit par : Géo | 01/05/2014

@Roket Poutine ne fait qu'imiter les Fondamentalistes Américains qui eux rêvent du temps de la première arme Bio-chimique ,le gaz Moutarde
Et il sait par avance que ses détracteurs les plus anarchistes sont parmi les couples divorcés qui on le sait on toujours eut besoin de bouc émissaire
A une époque lointaine c'était les Suisses-Allemands dieu sait de quoi ils étaient tenus pour responsables ce qui prouve quand même que les mentalités même s'ils elles ont peu évolué dans le domaine de haine,elles ont tout de même réussi à franchir la barrière des Röstis à ne pas confondre avec Rosbif lui aussi considéré longtemps comme très malsain par certains

Écrit par : lovsmeralda | 01/05/2014

Les handicapées sont des majorettes comme les autres.

Écrit par : Géo | 01/05/2014

@Géo: l'UE est-elle un empire? C'est une thèse qui a fait florès il y a quelques années (l'Empire néo-médiéval, caractérisé par des frontières floues, des lieux de pouvoir décentralisés, etc.). En l'occurence vous l'interprétez plutôt sous l'angle du comportement impérialiste de Bruxelles, resp. du couple franco-allemand. La situation me semble plus compliquée que cela. Et concernant la Suisse, c'est un autre sujet. Le 9 février, la Suisse a dénoncé un accord et l'UE n'a fait que faire respecter ses droits (ce que la Confédération aurait fait si, disons, un canton en avait fait de même). Je ne vois pas d'impérialisme dans ce comportement, plutôt au contraire un réflexe d'enfants gâtés dans les commentaires de ceux qui critiquent Bruxelles.
Concernant le rôle des USA, je vous rejoins en partie dans une perspective historique. Je pense que les Etsts-Unis avaient fini par croire que la Russie était entrée dans le monde libéral (cf. la thèse de Fukuyama). La réaction de Poutine les a surpris, on voit d'ailleurs à quel point ils n'étaient pas préparés à cette crise, comme l'UE d'ailleurs. On pourrait donc dire qu'à l'impérialisme "soft" ou "postmoderne" des Occidentaux vient maintenant s'opposer l'impérialisme hard ou "old school" des Russes. Ce qui est certain, c'est que les premiers ont fait preuve d'une incroyable maladresse dans toute cette histoire.

Écrit par : Axel | 01/05/2014

Nous ne sommes vraiment pas d'accord. Mais franchement, vous avez raté pas mal de chapitres sur le sujet. La plupart des observateurs ont relevé que depuis la chute du mur, rien n'a changé dans la mentalité américaine, sauf une augmentation du mépris pour les Russes. On les a roulé dans la farine de toutes les manières possible et à ce stade, leur arracher leur influence sur l'Ukraine sous leur nez, ce n'était plus possible. Putin a réagi en remettant la Crimée, terre russe arrachée aux Russes en 1954 par un Ukrainien, dans le giron de la Russie. Parce que la Crimée abrite le port de Sébastopol, base de la flotte russe, il ne pouvait guère en être autrement. Et évidemment, les pseudo-démocrates américains et leur valets européens ont jugé cela contraire au droit international, qui consiste à donner raison au plus fort avec la manière. Putin a eu raison de ne pas ergoter, les Américains auraient probablement débarqué des troupes dans les jours qui suivaient pour empêcher la réintégration de la Crimée en ses terres d'origines...

Vous avez aussi tout faux sur votre interprétation sur les sanctions prises par l'UE contre la Suisse. La Jordanie, la Turquie et beaucoup d'autres pays font partie d'Erasmus. Pas la Suisse : c'est cohérent ? Quel est le lien entre Erasmus et le contrôle de l'immigration jugée trop importante ? Pour la France, 1% de la population en plus qui immigrerait, cela ferait 650'000 personnes par an. Vous croyez que les Français le toléreraient ?
Et pourquoi le Luxembourg le peut-il et pas nous ? Sans parler du Liechtenstein...
Non, tout ce qui se passe actuellement est voulu par les Suisses des partis internationalistes (PLR, PS) pour nous préparer à reprendre le droit européen sans barguigner. Adieu la Suisse, tel est leur programme...

Écrit par : Géo | 01/05/2014

Petit détail que les fanatiques pro-européens font semblant d'oublier ces jours : vous souvenez-vous que la première mesure prise par le gouvernement ukrainien révolutionnaire ou putschiste a été d'interdire la langue russe dans toute l'Ukraine ? Avouez que quand on voit ce qui se passe à l'Est, cela fait pour le moins bizarre...

Écrit par : Géo | 01/05/2014

Concernant votre dernière remarque, je suis parfaitement d'accord que c'était une absurdité. Pour le reste, nos vues divergent en effet. Vous semblez soutenir les visées néo-impérialistes de Poutine, et pourquoi pas? C'est votre droit. Mais les USA auraient-ils dû faire des cadeaux aux Russes? Au fond, y a-t-il un gentil ou un méchant? Pour ma part, je me contente de constater que ce sont deux puissances qui se font face de façon classique - ce que je décris dans l'article - et qui defendent chacune leurs intérêts.

Et concernant la Suisse, vous ne connaissez pas non plus le dossier manifestement. Nous n'avons pas été écarté d'Erasmus, mais d'Erasmus+, soit la capacité d'être leaders sur des projets d'échanges (ce que ne peuvent pas la Jordanie et la Turquie...) Quant au Luxembourg, il bénéficie des systèmes de limitations prévus dans le traité sur la libre circulation, dont le Conseil fédéral avait d'ailleurs fait usage ces deux dernières années. Rien à voir avec le renoncement total à cette politique, que l'initiative a institué. On peut discuter de la proportionnalité de la réaction de l'UE mais celle-ci était à attendre. Avons-nous été trop fiers ou trop naïfs pour ne pas le voir? Quant au sens de la mesure, qui a fait la force de la Suisse, il semble avoir quitté ceux qui se font ses défenseurs autoproclamés...

Écrit par : Axel | 02/05/2014

Où voyez-vous de l'impérialisme dans la politique de Putin ? Si les Américains voulaient déstabiliser le Tessin pour le rendre à l'Italie, trouveriez-vous impérialiste de la part de la Suisse de s'y opposer ? Les Américains travaillent à déstabiliser les pays de la fédération de Russie en vue d'imposer leur domination : ça, c'est de l'impérialisme.

Et concernant la Suisse, vous ne connaissez pas non plus le dossier manifestement.

Eh ben, on va en rester là...

Écrit par : Géo | 02/05/2014

Il est intéressant de mentionner le livre "Le Grand Echiquier", publié en 1997 par le politologue Zbigniew Brzezinski. L'auteur part du postulat suivant: "l'Eurasie est l'échiquier sur lequel se joue la lutte pour la domination mondiale".
Z. Brzezinski, qui fut un conseiller du président Jimmy Carter y écrit: "L'indépendance de l'Ukraine modifie la nature même de l'Etat russe. De ce seul fait, cette nouvelle case importante sur l'échiquier eurasien devient un pivot politique. Sans l'Ukraine, la Russie cesse d'être un empire en Eurasie".
Pour Brzezinski les USA doivent maintenir leur place dominante, c'est pourquoi "Il est impératif que n'émerge aucun concurrent eurasiatique capable de dominer l'Eurasie et par là de menacer l'Amérique".
Plus récemment, le discours, prononcé par Victoria Nuland devant la Fondation US-Ukraine au cours de la crise d’EuroMaidan montre bien l'implication US en Ukraine. La diplomate déclarait alors : "Depuis l’indépendance de l’Ukraine en 1991, les États-Unis ont soutenu les Ukrainiens pour qu’ils acquièrent des compétences et des institutions démocratiques, car ils favorisent la participation citoyenne et la bonne gouvernance, qui sont des conditions préalables pour que l’Ukraine réalise ses aspirations européennes. Nous avons investi plus de 5 milliards de dollars pour aider l’Ukraine à ces objectifs et à d’autres qui assureront une Ukraine prospère, sûre et démocratique."
Avec ces éléments, comment pouvez vous parler de visées néo-impérialistes de Poutine?

Écrit par : Anne Berguerand | 03/05/2014

Vous donnez vous-même la réponse, via Brzezinski: "Sans l'Ukraine, la Russie cesse d'être un empire en Eurasie". C'est donc à tout le moins le maintien de l'empire russe "éternel" que vise Poutine. je parle de "néo-impérialisme" car cette stratégie est plus explicite que jamais, dans les actes comme dans le discours.
La thèse de Brzezinski que vous citez découle de la vision du géopoliticien britannique Halford Mackinder, qui a théorisé au début du siècle le concept du "heartland" eurasiatique qui serait le "pivot géographique de l'histoire". Selon lui, celui qui le maîtrise domine le "Rimland", la ceinture d'Etats entre le coeur eurasiatique et les océans, et par conséquent le monde. Cette vision ayant proliféré au cours du XXe siècle, il n'est pas étonnant que les USA et la Russie continuent à articuler leurs politiques autour de ces concepts. La Russie ayant reflué à partir de 1991, cet affrontement a été relancé (par les USA mais aussi par la Chine! Ce qui se passe en Mongolie ou en Asie centrale est très intéressant à cet égard).
De fait n'ai jamais nié que les USA avaient des intérêts dans cette affaire, de même que l'UE. Il est certain que les Occidentaux auraient beaucoup à gagner dans l'établissement d'une démocratie libérale en Ukraine (les Ukrainiens peut-être aussi...) Qu'ils aient commis des maladresses, c'est une évidence. Mais je ne pense pas qu'il y ait de raison de faire de cadeaux à Poutine, d'autant que c'est loin d'être un enfant de choeur (on semble avoir oublié la Tchétchénie...)
Ce que je trouve très intéressant, c'est l'anti-américanisme et l'anti-européanisme (au sens de l'UE) qui se dégage de beaucoup de commentaires. Au fond, Poutine apparaît presque comme le rempart à l'impérialisme US que beaucoup, à gauche comme à droite, attendaient. (Après tout, Al-Quaida et les talibans étaient trop bizarres et affreux, l'Iran, Cuba et la Corée du Nord des has-been pathétiques.) Le culte de l'homme fort, aussi, refait surface (anti-thèse parfaite du technocratisme sans visage de Bruxelles). Enfin, une certaine nostalgie de la guerre froide, "quand le monde était plus simple", est peut-être à l'oeuvre également. Intéressant à observer mais il faudrait quand même faire attention, tout ceci n'est pas un jeu...

Écrit par : Axel | 03/05/2014

Beaucoup de bla-bla. Il se trouve que Poutine est l'affaire des Russes et non des Suisses. On a vu ce que cela donnait en Irak : je vous rappelle que les gens de votre camp, DJ par exemple, pensent toujours que W.Bush est allé en Irak pour sauver le pauvre peuple de l'horrible dictateur Saddam Hussein. Regardez le résultat et regardez ce que la politique d'agression est en train de produire en Ukraine. les gens de l'Est ukrainien n'était pas favorable au coup d'état de Maidan. Seriez-vous raciste au point de penser que leur avis est négligeable ?

A part ça, c'est un peu surréaliste de refaire ce débat qui a battu son plein il y a deux trois semaines sur ces blogs. Les rythmes du PDC ne sont pas les mêmes que ceux des citoyens. Vous devez prendre vos instructions au Vatican ?

Écrit par : Géo | 03/05/2014

" je vous rappelle que les gens de votre camp, DJ par exemple, pensent toujours que W.Bush est allé en Irak pour sauver le pauvre peuple de l'horrible dictateur Saddam Hussein. "

C'est vous Géo qui pensez mal. Car j'ai toujours soutenu la doctrine Bush sur l'Irak. Qui n'était pas à priori de sauver le peuple irakien de la dictature de Saddam mais de s'assurer que Saddam ne possède pas des ADM qui pourraient tomber dans les mains de terroristes. L'important pour Bush n'était pas d'en trouver mais d'aller les chercher.

D.J

Écrit par : D.J | 03/05/2014

DJ@ ne soyez pas si angélique. Colin Powell savait très bien qu'il se foutait du monde en présentant ses photos aux NU. Et les inspecteurs des NU avaient déjà cherché partout pendant 6 mois...

Le résultat, c'est tout de même que les Américains des USA ont livré l'Irak à leurs pires ennemis de la future alliance anti-occident, de la Chine à la Syrie en passant par le Pakistan et l'Iran, alors que tout le monde leur avait dit que cela se terminerait comme ça...

Écrit par : Géo | 04/05/2014

Axel Marion @ Comme vous n'avez pas l'air de suivre très attentivement les événements, vous consulterez vraisemblablement avec intérêt ce site :
http://www.alterinfo.net/Israel-derriere-les-evenements-en-Ukraine_a101997.html

Écrit par : Géo | 04/05/2014

Axel, de savoir que Nuland citait deja "Iats" (Iatseniouk) comme membre du futur gouvernement, bien avant le départ de Ianoukovytch, ne vous met même pas la puce à l'oreille? Bien sur, nos médias n'ont retranscrit que le "F... UE" et pas le reste de la conversation.
Personne ne parle de faire de cadeau à Poutine mais juste d'arrêter les provocations! Vouloir interdir la langue russe en a été une énorme. Avec tous les russophones ( et non pro-russes comme nos médias aiment bien les qualifier), vivant dant ce pays, il fallait soit être complètement stupide, soit vouloir provoquer des réactions pour titiller l'Ours russe!
Quel intérêt aurait Poutine à déstabiliser son voisin dont il subventionne l'économie et avec lequel il a beaucoup de partenariats?
Son intérêt est justement d'y garder une stabilité! Donc, qui aurait intérêt à ébranler cette région, grenier de l'Europe?
Ce n'est pas de l'antiamericanisme de citer ces faits nous ne sommes pas dans le "vous êtes avec nous ou contre nous!" de G. W. Bush.
Ça ne vous a pas mis la puce à l'oreille non plus quand les manifestations les plus violentes à EuroMaidan ainsi que la destitution de Ianoukovytch aient eu lieu pendant les JO de Sotchi? Periode pendant laquelle Poutine ne pouvait pas réagir?
Venir ainsi parler de visées "neo impérialistes" de Poutine et que les Etats-Uniens n'y sont pour rien, me parait un brin naïf et partisan!

Écrit par : Anne Berguerand | 04/05/2014

@Anne: vous m'avez mal lu, j'ai clairement écrit que les USA (et l'UE) défendaient leurs intérêts dans cette crise. Comme je l'ai indiqué dans l'article principal, on est dans un cas de "politique de puissance" des plus classiques. Il est donc évident que les USA sont pour quelque chose dans cette crise! Et j'ai aussi évoqué leur maladresse crasse, qui saute aux yeux. Mais leur mettre l'entier de la responsabilité sur les épaules est aussi une approche extrêmement partisane.

Réfléchissez donc à ces questions: la Russie a-t-elle un "droit" inaliénable de garder l'Ukraine sous son contrôle? Si oui de quelle règle de droit international découle-t-il? A quel prix pour la démocratie en Ukraine cela doit-il s'appliquer? Et validez-vous dès lors la "doctrine Monroe" selon lequel les USA considèrent l'Amérique latine et particulièrement l'Amérique centrale comme leur jardin réservé? Finalement, l'Ukraine à la Russie et Cuba aux USA, et l'ordre mondial sera sauvegardé...

@ Géo: vos sarcasmes me fatiguent, apprenez donc à débattre dans le respect de votre interlocuteur. Et si ce débat ne vous plaît pas, je ne vous contraint pas d'y participer. Il me semble néanmoins que la crise ukrainienne est encore dans l'actualité, non? Quand à vos pseudo-articles sur le complot mondial, tout ceci est bien sympathique. Vous n'avez rien trouvé sur les francs-maçons et les Illuminati par hasard?

Écrit par : Axel | 04/05/2014

"la Russie a-t-elle un "droit" inaliénable de garder l'Ukraine sous son contrôle? Si oui de quelle règle de droit international découle-t-il?"
Et que faites-vous de la partie est de l'Ukraine dont les habitants ne veulent pas du coup de force de Maidan ? Sarcasmes mis à part...

Écrit par : Géo | 04/05/2014

5 milliards, une maladresse? Kerry et Mc Cainà EuroMaidan, des maladresses? Nuland qui "forme" quasiment le nouveau gouvernement avant la destitution de Ianoukovitch, une maladresse? Promettre le gaz de schiste américain aux européens pour casser le marché russe, une maladresse?
Les USA ne font pas que juste défendre leurs intérêts, ils ont travaillé sur la durée à la provoquer ou au moins à mettre de l'huile sur le feu des opposants à Ianoukovitch.
Malheureusement l'UE suit comme des (ameri)caniches les USA dans leurs sanctions stupides, au lieu de calmer le jeu et envenimer la situation. Dommage.

Écrit par : Anne Berguerand | 05/05/2014

Une partie des Ukrainiens se sent en effet attachée à la Russie et il faut bien sûr respecter cela. C'est pourquoi j'étais favorable au départ à la constitution d'un gouvernement paritaires entre les deux camps (rendu caduc suite à la fuite de Ianoukovitch - orchestrée par Moscou?) et aujourd'hui à la constitution d'un Etat fédéralisé et neutre. Pour cela, il faut que les insurgés se mette à la table des négociations et évidemment que Kiev n'abuse pas de la force.
Cela étant, je maintiens que l'annexation de la Crimée était un coup de force inacceptable et que les intérêts russes envers l'Ukraine ne sont pas plus charitables ou désintéressés que ceux des Occidentaux.

Écrit par : Axel | 05/05/2014

@Geo: Le nom "annexation" est une variante parfaitement correcte du terme "annexion". Quant à vos réflexions géopolitiques, parlez-nous un peu de la Transnistrie et d'un certain corridor qui est en train de se constituer sous nos yeux.

Écrit par : Antec | 06/05/2014

"Cela étant, je maintiens que l'annexation de la Crimée était un coup de force inacceptable"
Cela étant, je maintiens que l'annexion de la Crimée par l'Ukraine en 1954 était un coup de force inacceptable, bien qu'évidemment, à cette époque de l'URSS, cela paraissait moins important.
Annexion, on dit annexion en français...

Écrit par : Géo | 05/05/2014

«Le 9 février, la Suisse a dénoncé un accord»

Est-ce qu'il y avait un accord à ce que la Suisse laisse venir dans son pays, autant d'étrangers jusqu'à plus soif... même au-delà d'un millon d'habitants au km2. J'en doute.

Écrit par : petard | 05/05/2014

"Geo: Le nom "annexation" est une variante parfaitement correcte du terme "annexion"."
1. Géo, pas Geo.
2. Merci d'apporter la preuve (un lien quelconque...) de votre affirmation.

"parlez-nous un peu de la Transnistrie et d'un certain corridor"
Commencez par exprimer ce que vous en savez, ce sera plus honnête, non ?

Écrit par : Géo | 06/05/2014

@Géo "annexation": vous ne savez pas consulter un dictionnaire? Essayez avant de donner des leçons d'orthographe...

Écrit par : Antec | 06/05/2014

...Et une piste pour vous aider dans vos recherches: prenez quelque chose d'un peu plus consistant qu'un petit Larousse illustré, le Littré par exemple. Ainsi vous découvrirez que les anglicismes ne sont pas toujours ceux que l'on croit, et qu'il est bon de savoir se décentrer.

Écrit par : Antec | 06/05/2014

Antec @ J'ai essayé de trouver "annexation" sur le net sans le trouver. Mais de toute façon, il ne s'agit ni d'une annexion ni d'une annexation dans le cas qui nous intéresse. Si je comprends parfaitement que l'Ukraine est territorialement intangible, la Crimée a été rattachée un peu à la légère (mais en 1954, au PCUS, on n'envisageait pas le monde autrement que par une victoire finale du prolétariat sous la direction de ce valeureux parti...) à l'Ukraine, et le gouvernement russe a fort opportunément remis les choses en place juste avant l'arrivée de Blackwater/Greyhound pour mettre la main sur la seule base russe en Mer Noire. Faudrait tout de même arrêter de prendre les gens pour des cons, pour le dire simplement. Petit rappel utile à l'heure où la Suisse vient de se faire entuber par nos amis américains qui eux continuent de profiter des avantages du secret bancaire alors que nos banquiers vont devoir se débrouiller avec l'échange automatique d'information. Cela devrait tout de même titiller la cervelle de n'importe quel abruti sans la moindre culture géopolitique...

Écrit par : Géo | 06/05/2014

Antec@ Ne manquez pas ça, histoire de passer une bonne nuit :
http://reseauinternational.net/odessa-un-simulacre-dincendie-pour-couvrir-lexecution-dun-des-plus-atroces-massacres-jamais-vus/

Écrit par : Géo | 06/05/2014

Axel Marion @ Je vous recommande de prendre connaissance de ce billet et pourquoi pas d'y participer :

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2014/05/06/ukraine-l-ingerence-americaine-n-est-pas-la-bonne-voie-255674.html

Écrit par : Géo | 07/05/2014

Antec @ Pour votre gouverne, je pense que vous faites une confusion avec l'anglais pour annexion. Par exemple, Fichier:Hawaiian Annexation Commission of 1893.jpg.
Mais je vous rassure, vous n'êtes pas le seul. Regardez le nombre de gens qui écrivent traffic au lieu de trafic. Le résultat de la culture bétaillère easy jet...

Écrit par : Géo | 07/05/2014

@Géo: Je ne fais aucune confusion: consultez un bon dictionnaire de la langue française, comme je vous l'ai recommandé, mais autre chose qu'un "petit Larousse illustré", le "Littré" par exemple. Ainsi vous découvrirez que les anglicismes ne sont pas toujours ceux que l'on croit, et qu'il est bon de savoir se décentrer.

Écrit par : Antec | 07/05/2014

Aucune trace de "annexation" nulle part. Mais je pense que maintenant c'est à vous d'apporter la preuve de ce que vous avancez...

Écrit par : Géo | 07/05/2014

Consultez le Littré. L'avez-vous fait?

Écrit par : Antec | 07/05/2014

http://littre.reverso.net/dictionnaire-francais/definition/annexation

Et il se trouve qu'il est même en ligne :D

Écrit par : Antec | 07/05/2014

Ah oui, une citation du 16ème...

Écrit par : Géo | 07/05/2014

De l'excellent français;) Littré est une référence

Écrit par : Antec | 07/05/2014

Messieurs, il me semble qu'on s'éloigne du sujet. Je vais interrompre les commentaires sur ce post. Merci de votre participation animée et à bientôt pour de prochains débats.

Écrit par : Axel | 07/05/2014

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