25/05/2013

Projets d’agglomération : les caisses sont vides, il faut agir!

Ce matin avait lieu l’exposition du projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM) à la Blécherette. A cette occasion, Mme la Conseillère fédérale Leuthard a livré le message du Conseil fédéral concernant les fonds d’infrastructure à disposition pour les projets futurs. Malgré les formules de politesse d’usage, on peut dire que le discours était clair, et il tient en trois points :

1. Le fonds n’a pas la dotation espérée. Alors que selon la loi il devrait être doté de 20 milliards de francs pour la période 2008-2027, il n’y actuellement que 1,5 milliards dans la caisse !!

2. Par conséquent, la concurrence va être vive entre les régions. Les 41 projets de 2e génération déposés fin juin sont en effet abondants, et tous plutôt de bonne qualité ! Certes, l’arc lémanique est bien positionné vu son dynamisme et la qualité des collaborations entre les communes et les cantons, mais rien n’est acquis;

3. Dès lors, il convient pour toutes les régions d’opérer des choix clairs et de définir des priorités ; d’arriver à convaincre la Confédération que ces projets sont indispensables ; et garantir un lobbying puissant à Berne (pour sauver l’enveloppe et si possible l’augmenter).

Rappelons que ces projets d’agglomération en sont maintenant à la deuxième étape dans leur examen par la Confédération. Un soutien financier a été promis pour la première étape (2011-2014), dont les Axes forts de transports publics de Lausanne (tram Flon-Renens, bus à haut niveau de service, etc.). C’est dans le cadre de la 2e étape (projets entre 2015 et 2018) que la concurrence va être la plus rude. Or, c’est ici que se situe le financement de projets majeurs comme le M3 Lausannois, ou la prolongation du tram de Renens à Villars-Ste-Croix. Les décisions dans ce domaine seront prises entre fin 2014 et début 2015, selon Mme Leuthard ce matin. Quant à la troisième étape (2019-2023), la hauteur des fonds à disposition relève actuellement des plus pures hypothèses…

Dans ce contexte, il convient d’établir de claires priorités. Mais nos autorités en sont-elles capables ? Il faut savoir que le canton de Vaud est co-porteur de trois grands projets d’agglos que sont Lausanne-Morges, l’agglo franco-valdo-genevoise (« Grand Genève ») et l’agglomération d’Yverdon (Agglo Y). Et ceci sans compter les agglomérations de deuxième rang, comme la Riviera. Faut-il en abandonner en route ? Impossible. Couper allègrement dans les projets d’infrastructures ? Sans doute, mais ce sera difficile. Quant au lobbying, il est déjà intense aujourd’hui et il faut le saluer : difficile donc de faire beaucoup mieux sur ce plan.

Le Canton et les régions concernées n’ont guère le choix que d’adopter trois stratégies complémentaires :

1. Refaire un examen attentif de tous les projets et réduire voire éliminer drastiquement ceux qui ne sont pas indispensables. Le lobbying doit se concentrer sur les projets vraiment nécessaires. On peut par exemple se demander si dans la région lausannoise, on peut se payer le luxe d’avoir des bus à haut niveau de service, un métro M3 et un tram allant jusqu’à fond de l’Ouest...

2. Augmenter la part de financement « indigène », éventuellement par la voie de préfinancements, afin de montrer notre bonne volonté à Berne mais surtout de « bétonner » les projets les plus indispensables. Le canton a certes une marge en la matière – l’augmentation des investissements fait partie du programme de législature du Conseil d’Etat, avec l’appui du Grand Conseil – mais il va là aussi falloir faire des priorisations (les routes cantonales, les hôpitaux, et d'autres attendent leur part). Quant à Lausanne, on voit mal comment elle pourra compléter entièrement son programme Métamorphose si elle doit en même temps augmenter sa part dans le M3, le tram etc. !

3. Organiser une vaste consultation populaire, vraisemblablement via une votation, pour obtenir l’appui – ou non – des Vaudois-es à ces projets. Doris Leuthard a rappelé que le soutien populaire était indispensable pour le succès de ces projets à Berne. Par ailleurs, il faut rappeler que pour l’instant les citoyens n’ont jamais eu l’occasion de se prononcer sur tous ces projets, si ce n’est dans des referendums localisés comme récemment à Bussigny. Sur des projets de cette importance, c'est un déni démocratique assez regrettable!

Si le canton et les communes veulent se donner toutes les chances de toucher la manne fédérale, il est temps qu’ils adoptent une stratégie proactive de ce type !

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